La littérature près de chez vous

ils ont lu, ils ont aimé…

« Peau de lapin » de Serge Camaille paru sur le blog « en cours de lecture ».

« Peau de lapin », c’est le surnom qu’on donnait chez nous, à Sancoins, au peillerot du village. Le peillerot, vous savez, cet homme qui passait dans les rues de chaque village soit avec une carriole attelée, soit avec un triporteur à moteur ou encore avec une 203 plateau selon les époques, pour ramasser les peaux d’animaux, les ballots de vieux chiffons ou encore la ferraille en criant : « Peau de lapin ! Peau ! »

Si au siècle dernier chaque village voyait déambuler le sien, Lucien, le nôtre à Sancoins, eut une vie tellement riche en péripéties de toutes sortes qu’elle méritait bien que je lui consacre… Un roman !

L’idée ne m’est pas venue comme ça, du jour au lendemain. Ce fut un jour de dédicace dans ma ville de coeur que je vis apparaître Marie-Jeanne, la fille de notre peillerot. Elle prit son courage à deux mains pour me demander si je me souvenais de son papa, et si je serais intéressé pour en relater l’histoire. Après l’avoir entendue toute une journée, l’idée me sembla formidable à tel point que j’en ai fait… Un roman biographique.

Tout ce qui est relaté dans cette histoire a été vérifié et approuvé par Marie-Jeanne.

AVIS

Un roman biographique qui nous ramène dans un temps pas si lointain, et qu’on dévore de la première à la dernière page. Pour ma part, j’y ai retrouvé les souvenirs d’enfance de ma mère, qui m’a souvent parlé du peillerot de son village natal, en Bourgogne, et des peaux de lapin que ma grand-mère lui vendait. C’est une histoire qu’il faut lire sans préjugés, comme le témoignage d’une époque, et surtout, sans se dire « Moi, j’aurais fait/dit ça ou ça ». La vérité est qu’il est impossible de jouer au moralisateur lorsqu’on n’a pas connu une époque. Alors oui, certaines choses vont heurter notre sensiblité d’aujourd’hui, mais comme on dit, « Autre temps, autres moeurs », et pour ma part, je trouve qu’il est plus important de garder la mémoire d’inconnus pour se souvenir d’une époque plutôt que de râbacher encore et encore sur ceux que tout le monde connaît.

C’est pour cette raison que je me suis plongée avec ravissement dans la vie de Lucien et des siens, avec ses hauts et ses bas, ses bons et ses mauvais moments. Le temps d’une lecture, le passé de nos campagnes a revécu, et comme les écrits ne s’envolent pas, contrairement aux mots, un tel livre permettra qu’il ne soit jamais oublié et que toujours, quelque part, une voix crie « Peaux de lapin, peaux…! ».

Lien d’achat : Peau de Lapin (Serge Camaille)

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