La littérature près de chez vous

Monique CHAINET

Bien que d’origine berrichonne, je suis née au Havre parce que mon père était navigateur à la Transat. J’ai eu une enfance heureuse. Une année se découpait ainsi : dix mois normands éclaboussés par les retombés du luxe transatlantique du paquebot « Normandie » et deux mois d’été, rustiques, chez mes grands-parents dans un village du Berry.

La guerre mit fin à tout cela. Le Havre tombait en ruines. La faim nous tenaillait. Le bateau de mon père avait été coulé lors de l’opération Torch, le 8 novembre 1942, à Casablanca et nous allions rester sans nouvelles pendant plus de deux ans et demi.

Après notre évacuation, nous retrouvâmes mes grands-parents dont le jardin et la basse-cour joints au maigre salaire des travaux de couture de ma mère nous permirent de survivre.

Après la guerre, j’aurais aimé entrer dans une école de journalisme mais le Transat avait perdu quarante-deux navires et c’était le chômage pour les anciens équipages. Je me dirigeai donc vers une licence d’anglais qui me conduisit plus tard au CAPES et à l’agrégation. Je n’ai jamais regretté d’avoir choisi l’enseignement qui m’a apporté une grande richesse de contacts avec les adolescents. Cette vie me permit aussi de voyager, comme assistante de français d’abord, en Angleterre, au Canada et aux Etats-unis et puis dans d’autres pays de langue anglaise comme l’Afrique du sud et l’Australie. Plus près de nous, la Hongrie m’a offert un mari.

J’écris depuis que je sais écrire. Nouvelles, contes pour enfants, romans, poèmes qui m’ont rapporté quelques prix suite à des contours mais jusqu’à ce jour, sans l’honneur d’être édités.

La Folie-Bâton n’est pas l’annexe actuelle de l’hôpital Jacques Cœur de Bourges. Il s’agit du village de Subdray à une dizaine de kilomètres au sud de Bourges. J’ai ajouté quelques scènes tirées des souvenirs de ma mère et qui se passent à Lapan.

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