La littérature près de chez vous

Terroir de France

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Le roman dit de « terroir »

On nous dit qu’il est imprudent de publier un roman qui ne traite pas des moeurs de Paris, de polémiques sociétales, de crises existentielles, de biographies un peu vachardes… Nous, petit éditeur d’une province, la Sologne, qui a vu naître Alain-Fournier, Marguerite Audoux, François Barberousse, qui a abrité Maurice Genevoix, Eugène Labiche, , Eugène Sue …, pensons que cette littérature n’est pas la seule et qu’elle n’intéresse qu’un public bien particulier.

Pour nous, lire, c’est apaiser une fringale. Une fringale du beau français, de la phrase souple, ample. Une fringale d’histoires prenantes où sentiments, caractères, milieu social et géographique prennent toute leur place au service d’un récit qui nous interpèle et nous retire du monde le temps d’une lecture. Une lecture où l’atmosphère et le cadre de vie influence intrigues et personnages.

Le roman dit de « terroir » relate des histoires qui se déroulent dans la campagne française, souvent à la fin du XIXème siècle, au début du XXème ou durant l’entre-deux-guerres. Il raconte l’histoire de personnages liés à la terre et au monde paysan mais aussi aux moeurs de la petite bourgeoisie provinciale. Récit qui nous plonge à une certaine époque dans nos terroirs profonds.

Pourquoi aime-t-on les romans de terroir?

Certains n’y voient seulement qu’une représentation stéréotypé du monde rural, des femmes et des relations hommes-femmes et le rejet de toute modernité. D’autres, dont je fais partie, y trouvent une image de notre pays à un moment donné, à une époque précise qui permet de retrouver un peu de la vie de nos grand-parents, de nos arrière-grands-parents. Ces romans valorisent ce monde rural « à l’ancienne » disparu englouti par la fulgurance du progrès, menacé par l’uniformisation de la vie moderne, par la mondialisation, par le raccourcissement des distances, par les échanges ethniques.

Le roman de terroir repose sur une certaine nostalgie d’une vie rustique aux valeurs rassurantes. Il prône souvent quatre grandes valeurs:
– le travail de la terre, sa dureté mais aussi sa beauté, sa dépendance à une nature encore multiple,
– la famille, ses relations époux-épouse, parents-enfants
– le langage, patois, langue…
– les traditions, agraires, saisonnières, mariage, baptême, décès…

Le lecteur y trouve la représentation d’une vie ardue certes mais libre en opposition avec une industrialisation galopante.

Ils sont une source de détente, d’évasion et de plaisir par leur écriture simple et la manière dont ils font évoluer leurs personnages dans le temps et le milieu. Les personnages sonnent « vrais », ils parlent juste et ont souvent, malgré la rudesse de la vie, une vision optimiste. Ces livres sont liés à la terre, ils nous replongent en enfance pour retrouver un peu de cette terre qui vous colle aux pieds. Cette terre de nos racines, de nos ancêtres…