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Parcours de femmes

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Riche déjà de quatre ouvrages publiés, la toute nouvelle collection des éditions Marivole a vu le jour l’an passé avec Le chapeau cloche de Michèle Dassas. L’auteur s’intéresse au sort d’une jeune femme qui, à l’issue de la Grande Guerre, revendiquera son indépendance. Avec Léocadie, marraine de guerre, Chérif Zananiri a également planché sur un destin de femme pendant cette période qui a marqué le début d’une véritable prise de conscience de l’importance des femmes au sein de la société, de leur faculté de se prendre en main, et de vivre sur un pied d’égalité avec les hommes.

Sous le nom de Clotilde de Michèle Dassas vient de paraître dans cette même collection.

Cette fois, c’est l’histoire d’une vie à l’époque de Zola et d’Offenbach, une enquête sur le passé de l’énigmatique lingère surnommée Clotilde que son prétendant, frustré de sa disparition brutale et précoce, va tenter d’élucider.

Un roman qui permet d’explorer la condition féminine sous le second empire.

Car la collection Parcours de femmes ne se cantonne pas à une époque précise, mais elle a pour but premier de faire voyager le lecteur dans les méandres de l’âme féminine, explorer la réaction des femmes, face aux difficultés de la vie, les joies, les bonheurs tout simples, ou les évènements exceptionnels auxquels elles sont confrontées.

Rien d’étonnant que les deux premiers auteurs de cette collection aient choisi de s’intéresser d’abord aux Françaises pendant la Grande Guerre. C’est en effet à ce moment crucial de notre histoire que le rôle des femmes et leur place dans la société ont été mis en exergue. On a compris alors qu’elles n’étaient pas que des objets de plaisir ou des mères, mais également des citoyennes à part entière, capables de prendre des décisions, des chefs de famille, des patronnes, des bras qui soutenaient.

Les mouvements féministes étaient jusqu’alors le fait de quelques femmes considérées comme des hurluberlues par la population. On s’en moquait. Après la première guerre mondiale, le regard des politiques sur les femmes ne sera plus le même.

Il faudra certes attendre encore 1946, avant que le droit de vote ne soit accordé aux femmes, reconnaissant pleinement leur égalité.

Parcours de femmes s’intéresse donc à la faculté de résistance, les états d’âme, le courage du sexe dit faible dans de belles histoires les mettant en scène.

Toute femme peut, dans une situation exceptionnelle, se transcender et se retrouver dans la peau d’une héroïne.

Parcours de femmes suit des femmes dont l’Histoire n’a pas retenu le nom : ni reines, ni princesses, ni même célèbres. Des femmes que les circonstances ont métamorphosées et qui dans l’anonymat ont joué un grand rôle dans la société, telle Léocadie, marraine de guerre,  (Cherif Zananiri ) qui à la suite d’un appel de son filleul, laisse tomber sa famille et part à son secours, telle l’espiègle Lili, qui après bien des bêtises et trois ans de prison à Blois, décide de s’amender pour devenir infirmière de guerre, telle Madeleine qui prend la place, dans la cordonnerie, de son mari parti au front, telle Marie qui intervient dans un groupe de suffragettes… Puis la chiffonnière, la couturière, la modiste et d’autres encore… Elles ont leur place dans le Panthéon des petites mains qui ont fait notre pays.. Et puis, il y a les destins tout simples de femmes, qui de par leur condition dans la société et les lois en vigueur à l’époque seront contraintes de faire des choix, souvent au péril de leurs vies.

Parcours de femmes : une collection qui met les femmes à l’honneur…